L'Univers de Jane Lyng

Les secrets de l'écriture

Aperçu de l'article 4

La carte qui mène à soi

Léa, une jeune femme d'une trentaine d'années, se sentait perdue.
Elle vivait dans une routine si bien huilée qu'elle en oubliait le goût de la surprise.
Son travail était stable, son appartement était impeccable, mais son cœur était aussi vide qu'un désert.

Un jour, alors qu'elle rangeait de vieux livres dans une librairie de quartier, elle trouva une vieille carte roulée dans une bouteille en verre.
La carte, imprimée sur un papier jauni, n'était pas une carte ordinaire. Il n'y avait ni noms de rues, ni continents, ni montagnes.
À la place, il y avait des symboles étranges, des lignes qui se croisaient et des mots écrits dans une langue ancienne. Léa ne comprenait pas, mais elle était fascinée. Elle décida de l'accrocher dans son salon.

Quelques jours plus tard, la carte changea. Une ligne verte apparut, partant d'un point marqué « Apathie » vers un autre marqué « Curiosité ». Léa se sentit soudainement inspirée.
Elle prit une décision qui allait changer sa vie : elle se rendit dans un cours de poterie. Les mains sales, la terre qui se formait sous ses doigts : c'était le chemin. Une semaine plus tard, la carte changea à nouveau. La ligne verte avait disparu, et une ligne bleue apparut, partant de « Regret » vers « Pardon ».
Léa se souvint d'une dispute avec sa mère des années auparavant. Un instant de colère qu'elle n'avait jamais oublié.
Elle appela sa mère et s'excusa. Au téléphone, elles ont pleuré ensemble, et à la fin de la conversation, Léa se sentait plus légère.

La carte était vivante. Elle n'était pas un simple objet inanimé. Elle était le miroir de l'âme de Léa, qui lui montrait où elle en était dans sa vie.
La carte lui montrait les émotions qu'elle devait affronter et celles qui l'attendaient si elle continuait son chemin.
Au fil des mois, Léa a suivi les chemins tracés par la carte. Elle a visité des lieux qui n'existaient que dans les émotions : de la « Solitude » à la « Communauté », de la « Peur » à la « Bravoure ». Elle a découvert en elle une force qu'elle ne connaissait pas, une curiosité pour le monde et un amour pour les autres.

Un jour, elle remarqua que la carte n'avait plus de chemins. Elle était vide. Léa ne se sentait plus perdue. Elle avait trouvé son chemin. La carte lui avait montré le chemin pour retrouver sa propre boussole intérieure, celle qu'elle avait perdue en chemin.
La carte ne montrait plus de chemins, car elle avait trouvé sa voie. Elle avait trouvé son chemin. Elle était arrivée à destination.